- Type d'événement
- Appel à communications
- Début
- 26 mars 2026
- Fin
- 26 mars 2026
- Organisateurs
- Alice Duhan, Université de Göteborg ; Shuangyi Li, Université de Bristol ; Cajsa Zerhouni, Université de Göteborg
- Modalité de présence
- En personne
Date limite de l'appel à communications : 26 mars 2026
Date du colloque : 8-9 juin 2026
Conférenciers invités :
Prof. Charles Forsdick, University of Cambridge
Prof. Natalie Edwards, University of Bristol
8–9 juin 2026, Université de Göteborg, Suède
Dans sa réflexion sur la lecture de la littérature mondiale, Rebecca Walkowitz suggère que « plutôt que de se demander à quel espace ou à quelle langue une œuvre littéraire appartient, il conviendrait de se demander de quelle manière elle y appartient » (ACLA State of the Discipline Report, 2015). Ce déplacement de perspective met au premier plan des questions d’affiliation plutôt que d’origine, et privilégie une approche relationnelle de l’appartenance plutôt que des modèles prescriptifs ou déterministes. Il invite également à une réflexion critique sur la manière dont les pratiques interprétatives elles-mêmes contribuent à construire ou à contester l’appartenance. Si Walkowitz se concentre principalement sur des contextes anglophones, des interrogations comparables ont été formulées dans les champs de recherche francophones. De fait, les défenseurs et les critiques de la littérature-monde, tout comme les partisans du « French Global » et des études françaises transnationales, débattent de ces questions depuis près de deux décennies. Comment une « littérature-monde en français » peut-elle se constituer en lieu de négociation entre l’universel et le particulier, le cosmopolite et le vernaculaire ? Qu’est-ce qui nous conduit à lire certains textes et certaines images comme relevant expressément d’un espace culturel francophone ? Et de quelle manière ces œuvres participent-elles à la (re)configuration de mondes francophones ?
C’est à partir de ces questions que ce colloque propose d’explorer les modes de (non-)appartenance dans les productions littéraires et artistiques d’hier et d’aujourd’hui, en mettant l’accent sur les pratiques multilingues ou multimodales au sein de la francosphère. En se concentrant sur la « (non-)appartenance », le colloque entend mettre en lumière les rapports différenciés, parfois aporétiques, que les écrivains et les artistes entretiennent avec les expressions linguistiques et culturelles françaises de l’identité, tout en encourageant l’analyse de pratiques créatives qui résistent aux modèles établis de l’appartenance linguistique, nationale ou culturelle, qui les complexifient ou encore les déstabilisent.
Le colloque vise ainsi à faire dialoguer deux axes étroitement liés de la recherche actuelle en études françaises et francophones : d’une part, les approches centrées sur la langue française appliquées aux œuvres littéraires et artistiques, à leurs esthétiques, à leurs matérialités et à leurs enjeux politiques ; d’autre part, les débats relatifs à une conceptualisation de la littérature dans une perspective mondiale, et notamment en lien avec les productions artistiques. Au cours des dernières décennies, ce croisement a joué un rôle déterminant dans l’émergence d’approches transnationales, multilingues et planétaires qui ont profondément renouvelé le champ. Des discussions plus récentes autour du worlding ou la « mondialisation » des études en lettres modernes ont mis en évidence la nécessité de perspectives comparatistes capables de circuler entre différentes aires linguistiques, en attirant l’attention sur des formes de production culturelle ne se laissant pas aisément saisir par les catégories linguistiques qui continuent de structurer les disciplines universitaires et leurs cadres institutionnels.
Par l’emploi du terme « francophone/graphe », nous souhaitons enfin mettre en évidence la tension linguistique et créative entre le sonore et le visuel, en écho au rapport multimodal que les locuteurs plurilingues entretiennent avec les langues et les identités composites. Le colloque se donne ainsi également pour objectif d’élargir conceptuellement la notion de « francographe » dans une double perspective : 1) une perspective spatiale, attentive à la géopolitique contestée de la francophonie et aux approches cartographiques qui lui sont appliquées ; 2) une perspective visuelle, interrogeant la représentation, la réinvention et la reconfiguration des espaces et des identités francophones à travers des pratiques fictionnelles et artistiques qui mobilisent des médias visuels (tels que la calligraphie, la photographie, le graffiti ou la bande dessinée). Afin d’accompagner leur réflexion, les contributeurs pourront s’appuyer sur différentes conceptions du worlding ou de la mondialisation (Heidegger, Spivak, Derrida, Pheng Cheah, entre autres) : la littérature et l’art comme mondes en soi ; leur pouvoir de création de mondes ; le processus, à la fois unificateur et ouvert, de temporalisation par la littérature et l’art au-delà de la cartographie ; ou, à l’inverse, la construction culturelle impérialiste européenne des géographies et des imaginaires coloniaux.
Ces orientations ne sont en aucun cas exhaustives, et nous accueillons avec intérêt des propositions qui abordent cette thématique à partir d’approches et de corpus variés, en explorant les modes d’appartenance et de non-appartenance aux mondes francophones ou francographiques.
Modalités de soumission
Nous invitons chaleureusement les collègues, à tous les stades de carrière, à soumettre un résumé de 250 mots maximum, accompagné d’une courte notice bio-bibliographique, au plus tard le 23 mars 2026. Les propositions peuvent être rédigées en français ou en anglais.
Il n’y a pas de frais d’inscription pour ce colloque. Les repas et le dîner seront offerts. Toutefois, les frais de déplacement et d’hébergement seront à la charge des participants.
Les propositions sont à envoyer par courriel à : [email protected], [email protected] et [email protected].
Organisation
Alice Duhan, Université de Göteborg
Shuangyi Li, Université de Bristol
Cajsa Zerhouni, Université de Göteborg